Vivre avec, un point sur…

 

 

Février 2005, hôpital central Nancy, jambe droite et bassin paralysés aucun ressenti au toucher, pas de réaction. IRM, ponction et couperet.

Sclérose en plaques médullaire

On vit avec, on survit, on n’accepte pas.

Branle bas de combat on devait signer pour l’achat de la maison, les 3 filles à faire garder, un mari anéanti.

Et beaucoup d’interrogations…

Dose de cheval de bolus de cortisone, donner le change, s’ effondrée en pleurs la nuit, un petit interne vient me voir régulièrement pour me parler, m’arracher un sourire et il réussit j’espère qu’il a poursuivi. Écouter la musique en boucle le premier Maroon Fives.

Et puis le neuro qui passe régulièrement souvent , me voir, ous voir nous parler, nous dire que rien ne s’arrête mais ce sera différent. Il est toujours là mon neuro le deuxième homme de ma vie j’aime à dire cyniquement.

Les filles 5,8,10 ans si petites mes amours.

Des dessins.

La grande positive,  comble en parlant, qui se donne un masque même encore maintenant parce que maman elle est forte, parce que maman doit être forte si elle ne l’est pas qui le sera ?

Ma deuxième « tu vas pas mourir ? » Le cœur qui saigne garder la face « non ma chérie, ça va aller » , je pense avoir été le déclencheur de ton orientation professionnelle mais tu ne seras jamais mon infirmière mais toujours ma fille

et la dernière au bout du lit qui ne parle pas, ne sourit pas, ne m’approche pas, qui en grandissant se forge une carapace et un caractère en béton même si je sais ou sont les fêlures.

j’ai si mal de les faire souffrir.

Février 2005 tout à changer, et votre jeunesse, vos caractères.

Février 2005 tout à changé, ma vie, notre vie, notre famille

Février 2005 ma vie de couple a changé, 14 ans après tu es toujours là je ne sais pas pourquoi! parce que tu m’aimes parce que l’on s’était dit à la vie à la mort mais quelle croix à porter on n’était pas préparé. 

Continuer sa VIE, faire comme si, m’oublier, elle ne gâchera pas la jeunesse de mes gazelles et elle ne  gâchera pas la carrière professionnelle de mon homme…la mienne c’est finie, je continue mais mon temps de travail s’amenuise, ma motricité, ma force, ma fatigue grandit, mes jambes me lachent…

Il y a de cela 15 ans je courrai 5 fois par semaines…

14 ans et il est déjà temps de prendre un fauteuil marcher 200 m est compliqué, tenir debout parce que je suis têtue tiens parfois lieu de l’exploit ou de l’inconscience .près un lourd parcours du combattant mon dossier MDPH est enfin accepté, il a fallu malheureusement que j’ai ces mots « rallumer les fours pour les handicapés » après un an et demi d’incompétence, d’administratifs,  j’ai réussi!! Heureusement comme disait ma grand mère je suis un peu « mouche verte », le hic c’est que j’ai encore 700 euro à payer oui j’ai un mari qui gagne de l’argent, moi ce n’est pas mes 30 h à 913 euros par mois qui m’aident.

700 euros que je pourrais donner aux enfants, partir un long week-end. Mais non et franchement je suis polie en disant que cela me fait suer de payer pour une maladie dont je n’ai rien demandé. 

Salle de bain à aménager ok je checke il me reste à payer 3000 euros,

être handicapé est un luxe. Je sais le cynisme est mon art de vivre.

Combien de traitement? 6 : rebiff 22, rebiff 44, copaxone, Mitoxantrone, cellcept et gylénia, je passe les effets indésirables , rien ne marche,elle continue? elle est plus forte, elle m’use, je rage mais je n’ai plus envie, plus envie de ces médocs qui me détraquent, plus envie de me battre, me laisser couler, je ne serai plus jamais cette jeune femme, là c’est mathématique à 50 ans je ne le suis plus :), qui a la hargne qui est hyperactive qui n’a besoin de personne, je ne veux pas être cette femme dépendante pourtant je n’ai pas le choix, alors c’est moi qui la quitterai quant être handicapée me sera insurmontable, invivable, quand être handicapée ne sera qu’être assistée, synonyme de légumes 

je vis avec, je souris, je fais semblant… pas envie d’apitoiement, pas de pitié;

Mais vous dire que la sep m’a appris à être plus forte est une gageure, une tromperie, une foutue fumisterie et là je ne vous ai dit que les sommets de l’iceberg, je ne suis pas aller en profondeur. 

Alors oui la sep est ma colocataire mais une sacré garce.

#sep #scleroseenplaque #maladieneurodegenerative #handicap #macolocataireestunegarce

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Chacun sa vérité

Sara Lovestam

Pocket janvier 2018

Robert Laffont

auteure : née en 1980, nouvelle voix littéraires suédoises, vit à Stockholm

résumé : « Si la police ne peut rien pour vous, n’hésite pas à faire appel à moi »

Pour gagner sa vie tout en restant sous les radars, Kouplan propose ses services comme détective privé. Se faire invisible, évoluer dans la jungle du Stockholm underground, il connait : ancien journaliste d’investigation dans son Iran natal, Kouplan est sans-papiers. La fillette de sa première cliente a disparu. Pour une raison mystérieuse, elle aussi souhaite éviter l’administration… Dès lors, de bête traquée, le clandestin se fait chasseur.

Souviens toi que c’est là ou tu te sens le plus en sécurité que tu es le plus vulnérable

Ressenti : Quelle découverte que ce livre de Sara Lovestam ! Au delà du Polar c’est un livre sociétal sur la suède d’aujourd’hui. Une chronique sur les Invisibles, les sans papiers, les exclus de la société. Un polar classique avec des personnages hors du commun, attachants. Kouplan un clandestin iranien sans papier, ancien journaliste, cultivé, qui pour trouver du travail, se dit détective. A la suite d’une annonce dans le journal, Pernilla une jeune maman lui demande de retrouver sa fille Julia disparue deux jours plus tôt. Une jeune femme perturbée qui ne veut pas avoir affaire à la police. Sa fille n’est pas déclarée à l’état civil, c’est une ombre dans le paysage administratif, comme Kouplan elle n’existe pas. Difficle de mener une enquète quand on n’a pas d’argent, pas de moyens techniques, technologiques, si ce n’est un vieil ordinateur. Pas facile d’enquêter lorsque l’on est toujours aux aguets , sur le qui vive, éviter la police tout le temps. Une enquête qu’il livre par déduction, à l’instinct, dans le milieu des immigrés lituaniens, Kurdes…dans un Stockholm multiracial.

Sara lovestam nous fait une description sociale, un roman noir, psychologique. Des personnages décrits avec finesse, dans leur fragilité attendrissante, une description émotionnelle, tout en délicatesse. Une intrigue bien menée, une peur permanente, une intégration difficile, SL se joue de nous , l’intrigue se fait plus opaque, et pressante, le suspens grandissant, entre folie psychiatrique et exclavage sexuel. Un roman sensible, humain réaliste. une dure réalité avec douleurs et noirceur. Un passé distillé au compte goutte qui nous rend le livre addictif une fin insoupçonnable qui amène une suite que j’ai hâte de découvrir.

Conquise par ce premier opus offert par ma fée préférée, instagram offrant de jolies rencontres, de belles amitiés, je vous invite à faire un tour sur son blog, une fée poétique
https://fairystelphique.wordpress.com/

Encore merci pour cette dédicace spéciale pour moi au Quai du Polar.

« Observer sans être vu, disparaître dans le décor e guetter le moindre détail, être à l’affût d’un mouvement anormal et se fondre dans la foule jusqu’à ne plus exister.. C’est le comportement instinctif du chasseur, du prédateur. C’est aussi le comportement de la bête traquée qui cherche à échapper à la menace, l’attitude de l’étranger en situation irrégulière, du migrants sans papiers »

Marc de Gouvenain

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Le bonheur n’a pas de rides

Anne-Gaelle Huon

Livre de poche avril 2019

AUTEURE : Française qui s’est fait connaître sur la toile.

RÉSUMÉ :le plan de Paulette, semblait parfait :jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves. Elle échoue dans les champs au milieu de nulle part. Elle n’a qu’une seule envie quitter les lieux. Mais Paulette est loin de se douter que ces rencontres vont changer sa vie et peut être enfin lui donner un sens.

On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en claquant la porte

RESSENTI : Dire que je suis passée à côté est un doux euphemisme. Ce n’était peut-être pas le moment, peut être pas pour moi…

Elle ne m’a pas fait rire Paulette, je l’ai même trouvéetriste et malheureuse.

Malheureuse d’être « larguée » chez Yvon et son auberge de personnes tous à la vie déglinguée et vieillissante.

Malheureuse de ce que la vie lui a réservée.

Malheureuse d’être abandonnee par son unique fils..

Au crépuscule de sa vie on a surtout envie d’être entourée des siens, on ne croit plus en grand chose, encore moins à l’amour, peut être à la tendresse.

Alors l’auberge de Monsieur Yvon, elle a juste envie, Paulette, à peine arrivée c’est d’en partir et je la comprends.

Qui rêve d’une vie entourée de personnes âgées, à jouer au cluedo, à faire de la gymnastique, à attendre la grande faucheuse ? Je trouve cela triste et pathétique. Mais peut-être est-ce préférable que d’être seuls ?

J’ai dû trop m’identifier mais cette vie là je n’en veux pas.

Pourtant l’écriture est fluide, agréable, rapide, il plaira à beaucoup d’autres et la couverture gaie et pétillante est attirante, elle est très réussie d’ailleurs.

Les enfants on les elevait, en les gonflant de rêve, d’amour et d’espoir, et on les retrouvait un matin, déçus et brûlés par la vie

Merci au livre de poche pour cette réception

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Dans son silence

Alex Mickaelides

Calmann-Levy

Auteur : Anglais, né en 1977 à Chypre. Il a aussi étudié la psychanalyse, et a travaillé deux ans dans une clinique psychiatrique pour jeunes. 
Dans son silence » (The Silent Patient, 2019), son premier roman, est sur le point de devenir un phénomène dans le monde entier.

Résumé : Alicia , jeune peintre britannique en vogue vit dans une superbe maison près de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouvée chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son marie défiguré par des coups de couteau fatals, la presse s’enflamme. Aussitôt arrêtée, Alicia ne prononce plus jamais un mot , même au tribunal. Elle est jugée mentalement irresponsable et envoyée dans une clinique psychiatrique.

Six ans plus tard le docteur Theo Faber , ambitieux psychiatre, n’a qu’une obsession : parvenir à faire reparler Alicia. Quand une place se libère dans la clinique ou elle est internée , il réussit à s’y faire embaucher, et entame avec elle une série de face à face glaçants dans l’espoir de lui extirper un mot. Et alors qu’il commence à perdre espoir , Alicia s’anime soudain. Mais sa réaction est tout sauf ce à quoi il s’attendait…

Ressenti : Entre suspens et psychanalyse, manipulation et Folie Alex Michaelides nous offre un thriller magistral.

Alicia peintre vit le parfait amour avec Gabriel, photographe de mode, jusqu’au jour ou Alicia est retrouvée les mains couvertes de sang devant le corps de Gabriel, la tête explosée. Alicia se mure dans le silence, elle est internée en hôpital psychiatrique. 6 ans plus tard Théo Faber psychothérapeute, fasciné par Alicia est certain de pouvoir la faire sortir de sa torpeur et de découvrir la vérité sur ce meurtre aux multiples zones d’ombres.

Un thriller bluffant j’ai été captivée jusqu’à la fin. L’auteur nous manipule et tisse sa toile pour mieux nous surprendre . Le suspens nous tient en haleine jusqu’au bout tellement les personnages sont sombres et complexes. L’alternance entre passé et présent intensifie l’oppression et le stress qui nous gagnent au fil des pages. Un récit rythmé par le journal d’Alicia, beaucoup d’interrogations sur elle et Gabriel que les personnages distillent et que Theo met bout à bout pour découvrir la vie d’Alicia. Un thriller bien ficelé, prenant , des personnages réalistes, captivants. Un suspens croissant, des rebondissement qui m’ont retourné le cerveau. Comme l’Alceste d’Euripide nous entamons une longue descente aux enfers mais saurons nous retrouver le chemin vers la vérité?

Prise dans la toile que nous peint l’auteur, ce roman est une claque magistrale, une vraie tragédie grecque.

A lire absolumment !!

Merci aux éditions Calmann-Levy

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Surface

Olivier NOREK

Editions Michel Lafon

Sortie le 4 avril 2019

Auteur : ex-capitaine de police, auteur de la trilogie du capitaine Coste et du roman entre deux monde

Résumé : Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police. là-bas, personne ne veut de son enquête.

Ressenti : J’ai aimé Coste, j’ai adoré entre deux mondes j’ai surkiffé Surface. Olivier Norek est devenu un écrivain incontournable du monde de polar. Et ce n’est pas parce qu’il devient populaire qu’il n’a pas la fibre d’un grand auteur, n’en déplaise à certains!!!

Noémie Chastain, capitaine d’une brigade des stup à la PJ parisienne, lors d’une intervention se prend un coup de chevrotine en pleine face, la tronche arrachée d’un coté , de l’autre les plombs lui forment une étoile. Après un long mois de convalescence, sa seule envie reprendre du service. Mais Noémie fait tache, son visage rappelle à son équipe son inefficacité à protéger leur chef. Son collègue et petit ami lui tourne le dos et n’assume pas son visage ravagé, sa hiérarchie la déboute dans un petit commissariat de l’Aveyron à Avalone. La parisienne se sent trahie, et n’a qu’une envie retrouver son poste. Avalone représente une mise au placard, gérer des enquêtes de voisinage, ou le vol d’un tracteur très peu pour elle ! Elle est née pour l’action et Avalone un lieu ou tout le monde se connait, la promiscuité des personnages cache bien des secrets. Le paysage et son immensité silencieuse ne remue pas son âme de flic, mais parfois la réalité est trompeuse et Noémie va se retrouver sur une enquête qui dépasse ses espérances. Un cold-case de 25 ans, des disparitions d’enfants qui remontent à la surface. Le flic de terrain va prendre le pas sur la technologie.

J’ai adoré No, cette flic cabossée , cette gueule cassée qui doit se battre en tant que femme dans un monde d’homme, mais une femme qui doit se reconstruire et faire face à ses blessures physiques, le regard des autres, son coeur meurtrie, ses faiblesses , ses félûres, son reflet. Faire remonter en elle le flic qu’elle était , celle qui suivait son instinct, faisait preuve de réflexion, une meneuse, un caractère fort.

Olivier Norek a su transmettre une atmosphère tendue au fil des pages, en immersion dès les premières lignes, un personnage détruit que l’on voit faire face, tomber, se relever pour revenir plus forte encore, un mental d’acier mais fragile également, un personnage attachant, des chapitres courts qui rendent le livre addictif, un livre qui va droit au but, efficace, l’écriture est nerveuse, fluide , une intrigue bien ficelée, maîtrisée jusqu’au rebondissement final, à couper le souffle. Dans ce livre on ressent toute la sensibilité de l’auteur. Un livre qui fait la part belle à l’humain, aux sentiments.

La dernière page fermée, envie de plus, de retrouver No sa pugnacité sa ténacité, cette femme de caractère, ce personnage fragile à la sensibilité accrue.

Un coup de coeur pour moi, j’ai appréhendé car j’avais peur d’être déçue mais j’ai retrouvé la plume de l’auteur efficace prenante, poignante, noire, un roman réussi qu’il vous faut lire absolument.

Merci aux editions Michel Laffon pour cette réception livresque

Publié dans thriller, roman noir, polar | 10 commentaires

Et la glace se fissura

Matt Goldamn

Calmann-Levy noir

354 pages

sortie : février 2019

auteur : né en 1962 aux Etats Unis,Matt Goldman est scénariste de télévision et producteur.
et la glace se fissura est son deuxième roman. Retour à la poussière reprenait ses personnages récurrents comme « Shap »

Résumé : L’ex-inspecteur des Homicides devenu détective privé Nils Shapiro doit absolument retrouver la jeune Linnea, disparue en meme temps que son amie Haley après un match de hockey à Warroad, Minnesota. Alors qu’on retrouve assez rapidement le corps d’Haley, celui de Linnea , lui reste introuvable. Puis alors qu’il enquêtesur les lieux même du crime, Nils reçoit une flêche à l’épaule. Sauvé de justesse par la légiste Char Northagen, il comprend à l’évidence que quelqu’un ne veut pas que la jeune fille soit retrouvée.

Mais Linnea est-elle seulement morte? Et qui joue ce jeu dangereux ? La tension monte, les morts se multiplient…Nils n’est pas au bout de ses peines.

Ressenti : Deux jeunes filles disparues..

Au Minessota à la frontière du Canada, le Hockey est roi alors en pleine saison , la police est plus occupée à gérer la sécurité des matchs et de la ville qu’à enquêter mais c’est sans compter sur l’arrivée de Nils Shapiro , ex-inspecteur devenu détective privé, engagé par les parents de la jeune Linnea, Les disparitions virent au cauchemer lorsque l’une des jeunes filles est retrouvée morte, Linnea est toujours introuvable. Shap, détective charismatique n’est pas aimé de le la police et il leur rend bien. Shapiro gène , sur la scène de crime, il est grièvement blessé. Qui a intérêt qu’il disparaisse et ne découvre pas la vérité ? Linnea est-elle encore vivante?

Un jeu dangereux qui promet bien des surprises. Les meurtres s’enchaînent, la tension est palpable, l’intrigue s’installe et nous accapare, l’auteur nous manipule et nous embarque dans les méandres d’une enquête multiple sans nous perdre. Les victimes et leur entourage sont loin d’être lisses et Shap, détective atypique, a la pugnacité de les mettre à nu. L’auteur prend son temps pour nous décrire sa ville on découvre le Minnesota, une petite ville qui ne vit que pour le Hockey, en pleine saison hivernale, le froid et l’humidité nous glacent le sang. Les dialogues donnent du rythme, les rebondissements sont nombreux.

J’ai été agréablement surprise et n’ai découvert le tueur et ses motivations qu’aux derniers chapitres. Finalement tout devient cohérent et s’imbrique. L’humour incisif de l’auteur m’a fait passer un bon moment de lecture. J’ai adoré Nils, électron libre et son coéquipier Ellegaard son contraire, respectueux de la loi, mais qui ferme les yeux sur les méthodes peu conventionnelles de Nils qui n’en fait qu’à sa tête, intelligent à l’humour caustique, homme attachant à la vie amoureuse chaotique, des personnages fouillés.

Surprise de ne pas l’avoir plus vu sur la toile il mérite plus de lecteurs, un auteur à découvrir.

Merci aux éditions Calmann-Lévy pour cette découverte

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Le sang des Mirabelles

Camille de Peretti

Calmann-levy

6 MARS 2019

Auteure : née en 1980 à Paris. Elle a écrit 6 romans.

Résumé : Au coeur du Moyen-Age, deux soeurs se bâtissent un destin singulier. Bravant les conventions, l’une découvre le véritable amour tandis que l’autre s’adonne en secret à sa passion pour la médecine. Mais cette quête d’émancipation n’est pas sans danger à une époque vouant les femmes au silence. Une magnifique saga, qui renouvelle le genre du roman historique.

«  elle avait gardé les paupières baissées comme l’aurait fait une fiancée soumise, mais son corps criait la roideur et l’orgueil. « 

Ressenti : Pas l’habitude des romans historiques, j’appréhendais ce livre qui sortait totalement de ma zone de confort! Et j’ai…adoré!

L’histoire de deux sœurs Eleonore et Adelaide , deux jeunes femmes hors du commun, deux femmes qui doivent tenir leur place à une époque ou le mariage était arrangé, ou la perspective d’avenir pour une fille était … nulle à moins d’aimer la broderie.

Je me suis attachée à ces soeurs de caractère, de convictions. Eléonore, « la salamandre » droite, froide mais qui à l’intérieur brûle d’amour pour un joli Menestrel, et Adélaide « l’abeille », intelligente, gaie, qui a pour passion la pharmacopée, la médecine, et qui s’attache à un vieil apothicaire.
On admire les deux jeunes femmes qui prennent leur destinée en main, qui essaient de faire de leur vie ce qu’elles croient de bon, de juste. Deux soeurs si différentes , deux soeurs liées indéfectiblement, l’une ne va pas sans l’autre quoiqu’il arrive. Deux femmes fortes contre tout, contre tous. Deux femmes qui nous rappellent que la libération féminine ne s’est pas faite en un jour, et qu’il a fallu pour cela beaucoup de ténacité pour faire entendre leurs voix.
J’ai adoré Adélaide, son coté espiègle, sa soif d’apprendre .

En totale immersion avec ses jeunes filles , dès les premiers mots, les premières pages on vit , on mange comme au Moyen Age, au temps des croisades. Un trés joli roman, fort, puissant, renforcé par les descriptions de cette époque, les mots anciens mis avec parcimonie. Une lecture captivante, facile, rapide à lire, bien emmenée.

Merci aux éditions Calmann_levy

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M. le bord de l’abime

Bernard Minier

XO Editions

557 Pages

Sortie le 21 Mars

Auteur : Bernard Minier né le 26 AOUT 1960 à Béziers , a écrit ici son 7ème roman. Ses deux derniers romans « soeurs » et celui ci sont plus aboutis, plus personnel (pour soeurs), c’est un homme de son époque, qui évolue avec elle, qui change et c’est tant mieux pour nous lecteurs.

Résumé : pourquoi Moïra une jeune française se retrouve t-elle à Hong Kong cher Ming, le géant chinois de l’internet?Pourquoi dès le premier soir est-elle abordée par la police?Pourquoi le centre siège ultramoderne de Ming, cache-t-il tant d secrets? Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée? Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre -assassinats -accidents – suicide

Ressenti : J’ai atterri en même temps que Moïra Chevalier à Hong Kong, dès le début je me suis sentie en immersion dans cette ville, personnage à part entière qui nous fait suffoquer par une chaleur étouffante, une ville poisseuse avec cette pollution, prise à la gorge par ces odeurs, pressée par cette énergie folle . Une ville vertigineuse, riche avec ses immenses immeubles, pauvres avec ses logements cubes. une fourmilière en perpétuelle mouvement, une ville chaotique gangrenée par les triades, une ville dans son temps, une ville en devenir, une grosse puissance à la pointe de la technologie numérique, la ville de demain. Une ville entre rêve et cauchemar…

« Hong Kong ne fait pas de cadeaux. Hong Kong est une amante vénale, vorace et jalouse. Elle use, elle consomme, elle consume »

Moira, française, jeune chercheuse sur les Intelligences Artificielles sur-diplômée, brillante, ambitieuse, a été recrutée par la prestigieuse entreprise Ming Inc., afin de développer de l’émotion, de l’empathie à un chatbot révolutionnaire nommé DEUS, troublant, intrigant, une Intelligence Artificielle prête à faire partie intégrante de notre vie, à prendre nos décisions…. le numérique la manipulation de demain, la main mise sur notre vie, nos amours, nos opinions politiques….Dès son arrivée Moîra est approchée par la police chinoise, Ming Inc. géant de l’internet,est surveillée par les autorités pour fraude. Moîra curieuse découvre une entreprise opaque, inquiétante, des morts suspectes d’employés de la firme, des meurtres d’une violence horrible. Les victimes étaient connectées en permanence via leur tablettes, montres, téléphones avec les appareils de Ming. Hasard? Hacker? Accidents? Meurtres? Moîra qui cache aussi ses félures, ses faiblesses, son traumatisme…est une jeune femme …comme elles

Le livre se fait oppressant, tout comme Moira on se sent surveillée, suivie, la peur nous assaillir, Les pages s’enchaînent,en même temps notre paranoïa grandit, le tueur baptisé « le prince de la douleur » l’incarnation du mal sévit ,de plus en plus pervers, de plus en plus horrible. Un degré d’inhumanité et de cruauté proprement inimaginable, un rituel ou les victimes sont baillonnées, des tiges d’acier perçant les tympans, les yeux, les seins , la trachée, des blessures infligées ante-mortem, une Mort comme une délivrance.

« Elle agonisait. Sa lucidité n’était plus qu’une flamme vacillante. La douleur était partout. Elle n’était plus que plaies, balafres, coupures, ecchymoses, entailles, morsures. »

Des personnages profond à la psychologie développée, tourmentée.Un livre noir sur les rouage de la société. Un thriller surprenant le premier du genre, abouti, captivant, la construction est magistrale, le rythme infernal, une fiction d’une réalité glaçante, la technologie dans toute sa puissance, au delà du mal, une technologie qui prend possession de nos données, qui reconnait, interprète, et utilise les informations collectées à son profit, une technologie manipulatrice. C’est à la fois terrifiant, et fascinant, la vie privée n’est plus!! Nous sommes à la merci de l’internet, notre libre arbitre est mis à mal mais il est tellement confortable de laisser décider à notre place.

Un livre documenté, un travail de recherche colossal (voir les différentes sources à la fin), un thriller addictif, une peur moite glacée qui descend le long de la colonne vertébrale, Deus une entité psychotique malfaisante, Hong Kong et sa frénésie tumultueuse,gluante, sa voracité m’a engloutie. Un livre déstabilisant,anxiogène,, un questionnement oppressant sur l’avenir, la folie du tout connecté, formaté, « le big data » pour le meilleur…et pour le pire. Une ère sinistre haineuse, une anarchie planétaire, le chaos…le bord de l’abime.

Un coup de coeur pour ce dernier Opus de Bernard Minier qui décidément fait partie des grands du thriller français!! A lire absolument pour ma part je vais me déconnecter prendre l’air, voguer sur les mers loin d’une quelconque source de connexion…

Merci aux éditions XO pour cette réception

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Une évidence

Agnès Martin-Lugand

Michel Lafon

Sortie le 21 mars 2019

372 pages

Auteure : née en 1979 à Saint-Malo, auteure de 6 romans avec notamment « les gens heureux lisent et boivent du café ».Avec plus de deux millions d’exemplaires vendus, elle a conquis le cœur des lecteurs en France comme à l’étranger. 

Résumé : Reine mène une vie heureuse qu’elle partage avec son fils de dix-sept ans et un métier passionnant. Une vie parfaite si elle n’était construite sur un mensonge qui révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats…

 » Faut il se délivrer du passé pour écrire l’avenir ? »

Ressenti : Reine a bâtie sa vie autour de son fils , mais basée sur un mensonge. Des événements auxquels elle ne s’attendait pas pourraient bouleverser son bonheur. Pourquoi mentir alors qu’il est si simple de dire la vérité même si elle fait mal, pourquoi se compliquer la vie au risque de tout gâcher, de tout perdre?

« Je ne savais plus où j’étais, je ne savais plus dans quel monde je vivais. Je ne savais plus ce que je devais faire. « 

Agnès Martin-Lugand a la facilité de mettre à mal nos émotions, dans ce roman je me suis laissée bercer tout doucement avant d’être happée. Je me suis prise cette lecture comme un boomerang quand il revient ça fait mal, battre le coeur, briller les yeux. « Une évidence » c’est un bout de nous, de nos vies, un livre qui nous ressemble. Des situations qui font écho, une vie ou la palette des couleurs est nuancée du bonheur à la tristesse, du rire au larmes, de l’amour à la séparation…

Un amour fusionnel pour son enfant , la nostalgie de le voir grandir, s’échapper, le vide qu’il génère.Le temps qui passe comme un sentiment de solitude

l’amitié homme, femme , l’ami de toujours qui écoute, console, seche les peurs et les angoisses, l’amour passionnel d’un homme comme « une évidence », le passé qui resurgit, les mensonges à réparer…

L’écriture fluide d’Agnès Martn-Lugand donne une aura , une force à ses personnages, touchants, bouleversants. Les émotions nous assaillent et nous transpercent, à fleur de peau, à fleur de mots. Un roman qui raconte la vie, une histoire qui raisonne comme une ode à l’amour avec sensibilité et émotion.

Ecouter son coeur, se dire je t’aime, régler le passé pour se reconstruire, pour avancer…

La vie continue…

Une fin qui m’a émue, une jolie histoire tout en délicatesse.

« je n’aimais pas le savoir loin de moi…je n’aimais pas quand la maison était vide de lui, de ses bruits, de sa porte qui claque… je le laissais faire, c’était mon rôle, malgré le vide que cela générait chez moi. C’était cela être parent… »

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Un fruit Amer

Nicolas Koch

De Saxus

28 février 2019

498 pages

auteur : Nicolas Koch, 38 ans, est un passionné de littérature, et plus spécifiquement de polar. Une passion qui est aussi son métier : il est correcteur, maquettiste et auteur

Résumé : Comté de Woodbridge, Alabama, 1963.
En pleine ségrégation raciale, le Ku Klux Klan répand la terreur au nom de la suprématie blanche alors que la communauté noire fait entendre sa voix pour obtenir plus de droits. C’est dans ce contexte explosif qu’un fait divers va mettre le feu aux poudres. Un matin, le corps d’une jeune blanche violée et battue à mort est retrouvé dans les bois. Elle n’est autre que la fille d’un riche entrepreneur de la région qui est lui-même membre du Klan. 
Qui a bien pu la tuer ? Pour les autorités, ça ne fait aucun doute : c’est l’œuvre d’un Noir. Peu avant le drame, la victime avait écrit au FBI, car elle craignait pour sa vie. Le Bureau dépêche alors sur place l’un de ses agents afin de tirer l’affaire au clair. Ce dernier va découvrir qu’elle a été tuée et il va se retrouver au cœur de la haine des hommes, face à une vérité dérangeante… 

ressenti :

« Cette ville avait la faculté d’aspirer et de vider les êtres de leurs substances, pour n’en faire ressortir que la lie pourrie. Quelque chose de nuisible, comme un cancer , planait au dessus de la ville, prompt à se répandre et à dévorer jusqu’à l’aine. »

Alabama, 1963, Une jeune fille blanche est retrouvée, sauvagement violée. Dans cette petite ville de Woodbridge, les suprématistes blancs répandent la terreur , le KKK oeuvre dans l’ombre et pointe vite du doigt un activiste noir, « un fruit amer » comme tueur. Ce meurtre met le feu au poudre et rend explosif le climat étouffant. Dwayne Olsen , agent du FBI, arrive en ville pour résoudre le meurtre de la jeune fille. La révolte gronde, la ville s’embrase. L’agent Olsen se retrouve dans une Amérique à la croisée des chemins, une Amérique ou les noirs ont juste le droit de se taire et subir., l’esclavage est encore présent, les virées punitives ont encore lieu. Une Amérique pleine de haine qui retrace les moments les plus sombres de l’humanité. Un thriller au suspens exaltant mêlant fiction et faits historiques,un roman dérangeant, un monde ou des notables ségrégationnistes ont les mains ensanglantées des ‘négros » sans impunité. Un livre réaliste, addictif, un page turner brutal et immersif, une écriture fluide, émotionnelle, exaltée. Une communauté conquérante prête à laisser des vies , une communauté en marche face à la violence inéluctable, une histoire pour la liberté des noirs. La fin abrupte m’a frustrée 🙂 surtout parce que je n’avais pas envie de quitter Olsen, Rose….

Une belle découverte que Nicolas Koch, qui sera présent à Paris et que j’aurai plaisir à suivre lors d’autres romans.

A découvrir indubitablement

Merci aux éditions Desaxus pour cette réception

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Art et décès

Sophie Henaff

Albin Michel

Sortie le 6 mars 2019

Auteure : française, née le 09/08/1972. Sophie Hénaff est une journaliste, romancière et traductrice française.

« Poulets grillés », paru en 2015, est son premier roman, et conte une enquête menée par une brigade composée d’éléments indésirables de la police. En 2016 est publié « Rester groupés », la suite des aventures de la brigade parisienne dont on a fait la connaissance dans « Poulets grillés ».

résumé : Le réalisateur du premier film d’Eva Rosière est retrouvé assassiné et tout semble désigner celle-ci comme coupable. La commissaire Anne Capestan de retour de congé parental mène l’investigation. Au fil des jours, elle réalise que c’est un coup monté d’Eva Rosière qui cherche à mettre en scène l’histoire de sa brigade.

ressenti :
Le retour des poulets grillés
Quelle équipe de bras cassés, un humour à la Audiard, à la Frédéric Dard, plus qu’une enquête un vaudeville.
Eva Rosière, ancien membre des forces de l’ordre a écrit un livre adapté au cinéma. La tension règne entre elle et le producteur, alors lorsque celui-ci est retrouvé assassiné, c’est la première suspectée. Son ancienne équipe est sur l’affaire…
Une comédie policière, des dialogues haut en couleur oui mais… je n’ai pas été embarquée, pas réceptive, à l’écriture plombante pour moi, à une première partie trop longue, des personnages trop caricaturaux. La deuxième partie fut plus accrocheuse, je me suis laissée prendre au jeu de l’univers impitoyable du Monde du cinéma aussi corrompu que d’autres derrière la jolie façade, le bling bling et les paillettes, la compétition est rude et sans merci entre les artifices et le botox, la mysoginie et l’arrogance.une fin convenue, Il m’a manqué ce petit quelque chose, si j’avais lu les deux premiers peut être aurais je été dedans, c’est un poil trop décalé et trop fouilli pour que j’adhère je n’ai pas vraiment l’humour potache. 
Cependant pour les amoureux du vaudeville, du comique, de la gouaille alors foncez ce livre est pour vous mais commencez par les premiers. Sorti le 6 mars. 

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