La Machination

Jeremy ERGAS

Slatkine et company

sortie le 7 mars 2019

Auteur : suisse, « La machination » est son premier roman

Résumé :
Une nuit de novembre à Genève, un jeune écrivain en vogue, Benjamin Novelle, est torturé et tué au retour d’une soirée littéraire. Le lendemain, des promeneurs découvrent son corps, un texte est gravé dans le dos en lettres de sang avec une précision spectaculaire. C’est une liste des « Sept Commandements de l’Écriture’ que Novelle a enfreints.
Le meurtre fait la une des journaux et la peur s’installe dans la ville, d’autant qu’un éditeur et un agent littéraire célèbres sont aussi retrouvés assassinés au cours des semaines qui suivent. Sur leurs dos, d’autres commandements ont été inscrits à l’aide d’une machine d’exécution semblable à celle de La Colonie pénitentiaire de Kafka.
L’objectif du tueur est maintenant clair : par ses actes de terrorisme littéraire, il veut restaurer la grandeur passée du livre et l’empêcher de devenir un vulgaire objet de consommation. Reste à déterminer le coupable parmi les écrivains genevois suspectés..

Ressenti :

Une claque un roman coup de cœur, une lecture captivante, addictive, une intrigue osée sur le monde littéraire, une fin grandiose, insoupçonnée.

Un jeune romancier assassiné avec gravé dans le dos en lettre de sang un texte récapitulant les 7 commandements de l’écrivain.

j’étais en croisade contre un système, pas contre un individu


Le monde genevois est en émoi devant cet acte horrible, cet acte de GUERRE contre le monde littéraire. 
La mise en scène est macabre, aucune empreinte, aucun indice, l’enquête est au point mort. Le Monde littéraire est à nouveau frappé, la victime horriblement mutilée, nue suspendue telle une offrande sacrificielle représentant la luxure, la débauche. A nouveau les 7 commandements gravés dans le dos identiques à l’œuvre de « Kafka » « la colonie pénitentiaire ». La monstruosité des sévices, le sadisme de la mise en scène, la célébrité de la victime horrifient et la peur gagne le monde restreint des artistes. 1 journaliste et 2 écrivains décident d’écrire sur cette affaire et surtout comprennent les actes du tueur sans absoudre son geste. Le meurtrier s’érige en Dieu de la littérature, en TERRORISTE littéraire contre ces artistes dégénérés qui se prostituent pour vendre plus de livres. Tuer pour la grandeur de la Littérature. Un génie maléfique qui a créé une machine démentielle, un appareil de torture qui grave sur la peau et s’enfonce jusqu’à vider la victime de son sang. 


Un livre puissant sur le milieu de l’édition un univers impitoyable qui broient et achèvent les rêves de ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Une écriture fluide des pages qui se tournent à un rythme effréné pour découvrir le meurtrier, mais c’est au dernier chapitre que tout s’éclaire, l’auteur m’avait embrouillé l’esprit
Un coup de maître

  • tu respecteras la littérature, car elle est sacrée
  • – tu étudieras les grands classiques
  • – tu feras preuves de créativités
  • – tu feras preuves de réflexion
  • – tu n’écriras pas pour devenir riche
  • – tu n’écriras pas pour devenir célèbre
  • – tu élèveras la masse vers toi au lieu de t’abaisser vers elle

Merci aux editions @slatkineetcompagnie

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Publié dans thriller, roman noir, polar | 2 commentaires

ANNABELLE

Lina Bengtsdotter

MARABOUT/MASSE CRITIQUE BABELIO

Sortie 6 mars 2019

auteure : a grandi à Gullspang, en Suède, habite près de Stockholm. Annabelle est son premier roman

résumé :En quittant Gullspang à l’age de 14 ans, Charlie Lager s’était juré de ne plus jamais y retourner. Mais cette petite ville perdue en plein coeur de la Suède où chômage et alcool ont peu à peu érodé tout espoir d’un avenir meilleur, est aujourd’hui sous le feu des projecteurs. Annabelle, 17 ans, a disparu au cours d’une fête à laquelle elle avait pourtant interdiction de participer. Cela fait quatre jours qu’elle n’a plus donné signe de vie.

Devenue inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, Charlie est envoyée sur place pour enquêter. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre? Toutes les hypothèses sont permises. Toutefois, une chose est sure : pour retrouver Annabelle, Charlie devra combattre ses vieux démons et déterrer ce qu’elle avait mis tant d’années à enfouir au plus profond d’elle-même.

Ressenti : Gullspang endroit perdu à deux heures de Stocholm, où règne la pauvreté, où les seuls moyens pour les jeunes de s’amuser sont l’alcool, le sexe et la drogue. Un soir après une de ces fêtes habituelles, un soir où les interdits sont franchis,Annabelle disparaît. Jeune fille aussi intelligente que belle, qui suscite le désir dans les yeux des hommes. Annabelle à la mère névrosée, psychologiquement dérangée… Charlie Lager enquêtrice de la police criminelle de Stockholm est envoyée sur l’affaire, 19 ans plus tôt elle s’était juré de ne plus retourner dans ce bled paumé qui l’a vu grandir, ce bled où tout espoir de s’en sortir est infime. Un endroit ou chacun se connait, s’épie, se soutient.

« un monde ou les adolescents devaient s’assommer à coups de drogues, pour supporter tout ça »

Un roman à trois histoires, celle de l’enquête et surtout Charlie, on vit le jour de la disparition d’Annabelle et un retour dans le passé Rosa et Alice « avant », 3 histoires distinctes mais qui finiront par se rejoindre et prendre tout son sens.

Au delà de la disparition d’Annabelle c’est le passé de Charlie qui resurgit, j’ai aimé ce personnage borderline élevée par une mère névrosée, j’ai aimé ses blessures, ses failles, une jeune femme seule socialement inapte, portée sur la bouteille, qui se prend en pleine face un passé dont elle n’a jamais guéri, un passé qu’il faut régler pour aller de l’avant. Dans le même temps l’urgence de l’enquête ne permet pas de s’apitoyer, la vie ne tourne pas toujours comme on l’imagine et les gens que l’on a connus, ne sont plus tels que l’on croyait. Un voile se lève et on se prend au jeu, l’auteure donne du rythme aux chapitres courts à l’écriture fluide, on enchaîne la lecture, pour ne plus lâcher le livre tellement l’histoire est prenante, tellement l’envie de retrouver Annabelle, de connaitre l’histoire de Rosa et Alice, de voir les fantômes du passé de Charlie s’envoler…Mais est ce une finalité?

« Elle ne s’aventurait jamais à décrire la sensation que lui donnait la lecture, celle de pénétrer d’autres mondes, de se dépouiller de sa réalité de devenir quelqu’un d’autre, ailleurs »

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Raisons obscures

Amélie Antoine

378 pages

7 mars

XO EDITIONS

Auteure : française, née en 1984, vit à Lille. Raisons Obscures est son 6ème roman

Résumé : Deux familles ordinaires à l’heure de la rentrée scolaire. Deux famille où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres.

Chez les Kessler la mère a retrouver son premier amour. Chez les Mariani, le père est mis à l’écart dans son entreprise

Deux familles où règnent les secret. Où sans que personne ne s’en aperçoive, un enfant est progressivement démoli par un autre.

Harcelé, rabaissé, moqué au quotidien. Détruit dans le silence et l’aveuglement le plus complet.

Ressenti :

Deux familles ou en apparence tout va bien jusqu’à ce que tout déraille…pour raisons obscures

Un roman puissant fort, sur les non-dits, les faux semblants, les secrets, le regard tronqué que l’on a sur soi, le peu d’estime que l’on se porte , la routine d’un couple qui s’installe, on oublie d’écouter, de parler, d’entendre ceux que l’on aiment. Un roman psychologique sur la montée en puissance du harcèlement scolaire et le peu de cas que l’on y accorde.

 » Une chronique implacable , le silence des victimes, la cécité des proches »

Juin 207, des vies qui volent en éclat pour … raisons obscures!

Dès les premières pages, les premiers mots on sait que tout à dérapé, que l’on va vers l’insupportable. Un roman en deux parties, Amélie Antoine reprend la chronologie d’une année scolaire, une première partie concentrée sur la vie de deux familles « les Kessler’ et les Mariani »

 » Combien faut il de temps pour qu’une famille s’écroule comme un chateau de cartes »

Au fil du temps on ne s’écoute plus, on ne s’entend plus, la routine s’installe, les parents vivent leur vie concentrée sur eux même, leurs espoirs, leurs doutes, leurs envies avortés, leur déchirements. Ils oublient pourquoi ils aimaient l’autre, ils ont fait des choix, des sacrifices, l’éloignement s’installe, ils ne sont plus sur la même longueur d’onde, les aspirations ne sont plus les mêmes, alors les regrets rongent, le silence s’immisce. Le boulot, les contraintes, un amour de jeunesse retrouvé éloignent, ils se taisent, ils font semblant.

« Certains mots peuvent fissurer, mon sourire de façade colmate les premières félures »

Ils écoutent d’une oreille les enfants, ils ne font plus attention à leurs mots, leurs changements de comportement qui devraient alerter, les choses paraissent tellement anodines comparé aux problèmes des adultes!!! Trop concentrés sur eux, ils ne prêtent pas attention, alors l’enfant se tait , il apprend à sourire, à faire semblant, il encaisse, il laisse la boule gonfler dans son ventre, son cœur, il vit dans l’angoisse, la peur… pour raisons obscures.

« il y a toujours une tête de turc dans chaque classe, c’est comme ça alors détendez cous, y’a pas mort d’homme… »

Un jour tout est trop tard, pas de retour en arrière, pourtant les signes étaient là, les silences, le repli sur soi…on croit connaitre les siens , on croit connaitre chaque parcelle mais il n’en est rien , chacun a ses secrets, Une part d’ombre, de mystère, d’inconnu qui fait parfois tout basculer.

Dans la seconde partie Amélie Antoine donne la voix à Orlane et Sarah, l’une Kessler, l’autre Mariani, l’une qui a besoin de reconnaissance, l’autre qui est introvertie.

« Ils diront que tout ce qu’ils voulaient c’était s’amuser un peu., que tout ce qu’ils ont fait c’était juste pour rire.Juste pour rire. »

Les enfants sont des éponges à la sensibilité exacerbée , et préfèrent se taire pour éviter les conflits même s’il souffrent, il est tellement facile parfois de mettre les changements de comportements sur l’adolescence, on passe à coté du mal être qui ronge, qui tue à petit feu.

« J’ai gravé au cutter, mon prénom en lettres majuscules pour que personne ne m’oublie. Pour qu’ils sachent que j’existe, que j’ai existé »

Un livre noir, bouleversant d’un justesse qui vous brise tellement cela est réaliste. Les chapitres courts et l’alternance des personnages rend la lecture rapide, urgente.

On a de l’empathie, de la tristesse, de l’amour, on a envie de protéger , de prendre dans les bras. Il est tellement facile d’être en immersion dans la psychologie des personnages parce que l’histoire de ces deux famille cela pourrait être vous, moi… Les personnages nous hantent et nous marquent , une écriture visuelle qui accentue notre désarroi, la tension nous étreint le cœur, l’impuissance nous colle à la peau on sait ou l’auteur nous emmène et les émotions nous assaillent, l’inéluctable nous apparaît inévitable.

Un suspens psychologique qui monte crescendo , on est confronté à la réalité glaçante qui pourrait être notre. Un roman qui m’interpelle en tant que mère, suis je passée à coté de quelque choses concernant ma famille, oui certainement! J’aurai peut-être dû être plus attentive, plus à l’écoute, anticiper. J’aurai dû prendre d’autres décisions mais cela fait il de moi une mère moins aimante? Loin d’être moralisatrice Amélie Antoine pointe le doigt sur un dysfonctionnement. Mais la vie est telle qu’elle est! Pour nos ados à la sensibilité accrue, à la fragilité naissante, tout devient plus dramatique parfois la seule solution pour…raisons obscures…

« Tu peux supplier, tu peux pleurer, tu peux hurler.

c’est trop tard.

Tu peux t’excuser, encore et encore.

C’est trop tard.

Tu peux appeler au secours. Comme si quelqu’un était jamais venu m’aider.

C’est trop tard. »

Le cœur brisé en mille morceaux, je referme ce livre avec un sentiment d’impuissance et de tristesse.

Un livre à lire absolument !!!

Merci à @xoeditions pour cette réception

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Vivre avec, un point sur…

 

 

Février 2005, hôpital central Nancy, jambe droite et bassin paralysés aucun ressenti au toucher, pas de réaction. IRM, ponction et couperet.

Sclérose en plaques médullaire

On vit avec, on survit, on n’accepte pas.

Branle bas de combat on devait signer pour l’achat de la maison, les 3 filles à faire garder, un mari anéanti.

Et beaucoup d’interrogations…

Dose de cheval de bolus de cortisone, donner le change, s’ effondrée en pleurs la nuit, un petit interne vient me voir régulièrement pour me parler, m’arracher un sourire et il réussit j’espère qu’il a poursuivi. Écouter la musique en boucle le premier Maroon Fives.

Et puis le neuro qui passe régulièrement souvent , me voir, ous voir nous parler, nous dire que rien ne s’arrête mais ce sera différent. Il est toujours là mon neuro le deuxième homme de ma vie j’aime à dire cyniquement.

Les filles 5,8,10 ans si petites mes amours.

Des dessins.

La grande positive,  comble en parlant, qui se donne un masque même encore maintenant parce que maman elle est forte, parce que maman doit être forte si elle ne l’est pas qui le sera ?

Ma deuxième « tu vas pas mourir ? » Le cœur qui saigne garder la face « non ma chérie, ça va aller » , je pense avoir été le déclencheur de ton orientation professionnelle mais tu ne seras jamais mon infirmière mais toujours ma fille

et la dernière au bout du lit qui ne parle pas, ne sourit pas, ne m’approche pas, qui en grandissant se forge une carapace et un caractère en béton même si je sais ou sont les fêlures.

j’ai si mal de les faire souffrir.

Février 2005 tout à changer, et votre jeunesse, vos caractères.

Février 2005 tout à changé, ma vie, notre vie, notre famille

Février 2005 ma vie de couple a changé, 14 ans après tu es toujours là je ne sais pas pourquoi! parce que tu m’aimes parce que l’on s’était dit à la vie à la mort mais quelle croix à porter on n’était pas préparé. 

Continuer sa VIE, faire comme si, m’oublier, elle ne gâchera pas la jeunesse de mes gazelles et elle ne  gâchera pas la carrière professionnelle de mon homme…la mienne c’est finie, je continue mais mon temps de travail s’amenuise, ma motricité, ma force, ma fatigue grandit, mes jambes me lachent…

Il y a de cela 15 ans je courrai 5 fois par semaines…

14 ans et il est déjà temps de prendre un fauteuil marcher 200 m est compliqué, tenir debout parce que je suis têtue tiens parfois lieu de l’exploit ou de l’inconscience .près un lourd parcours du combattant mon dossier MDPH est enfin accepté, il a fallu malheureusement que j’ai ces mots « rallumer les fours pour les handicapés » après un an et demi d’incompétence, d’administratifs,  j’ai réussi!! Heureusement comme disait ma grand mère je suis un peu « mouche verte », le hic c’est que j’ai encore 700 euro à payer oui j’ai un mari qui gagne de l’argent, moi ce n’est pas mes 30 h à 913 euros par mois qui m’aident.

700 euros que je pourrais donner aux enfants, partir un long week-end. Mais non et franchement je suis polie en disant que cela me fait suer de payer pour une maladie dont je n’ai rien demandé. 

Salle de bain à aménager ok je checke il me reste à payer 3000 euros,

être handicapé est un luxe. Je sais le cynisme est mon art de vivre.

Combien de traitement? 6 : rebiff 22, rebiff 44, copaxone, Mitoxantrone, cellcept et gylénia, je passe les effets indésirables , rien ne marche,elle continue? elle est plus forte, elle m’use, je rage mais je n’ai plus envie, plus envie de ces médocs qui me détraquent, plus envie de me battre, me laisser couler, je ne serai plus jamais cette jeune femme, là c’est mathématique à 50 ans je ne le suis plus :), qui a la hargne qui est hyperactive qui n’a besoin de personne, je ne veux pas être cette femme dépendante pourtant je n’ai pas le choix, alors c’est moi qui la quitterai quant être handicapée me sera insurmontable, invivable, quand être handicapée ne sera qu’être assistée, synonyme de légumes 

je vis avec, je souris, je fais semblant… pas envie d’apitoiement, pas de pitié;

Mais vous dire que la sep m’a appris à être plus forte est une gageure, une tromperie, une foutue fumisterie et là je ne vous ai dit que les sommets de l’iceberg, je ne suis pas aller en profondeur. 

Alors oui la sep est ma colocataire mais une sacré garce.

#sep #scleroseenplaque #maladieneurodegenerative #handicap #macolocataireestunegarce

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L’ombre de la baleine

Camilla Grebe

Calmann Levy

27 Février 2019

Auteure :  suedoise née le 20/03/1968. En 2015, elle a publié « Un cri sous la glace », son premier roman en solo, paru en 2017. Puis le journal de ma disparition en 2018.Avec son 3ème roman Camilla Grebe a tout d’une grande auteure.

Histoire: L’archipel de Stockholm vit des heures inquiétantes : des cadavres de jeunes hommes échouent sur ses côtes. Un tandem de flics est missionné : la jeune Malin, enceinte et son supérieur Manfred, dont la fille est entre la vie et la mort. Les fausses pistes s’accumulent mais tout bascule le jour ou la mère de Samuel signale sa disparition… C’est sans savoir que son ado rebelle s’est trouvé une planque idéale sur une île isolée, embauché par la mystérieuse Rachel pour veiller sur son fils Jonas, plongé dans un étrange coma.

« Comprendre c’est ce que tout le monde veut. A chaque fois qu’un crime d’une horreur inconcevable a été commis , les gens veulent comprendre. Mais c’est parfois impossible la logique ne permet pas toujours d’expliquer les atrocités que nous les humains sommes capables de faire subir à notre prochain »

Ressenti : Difficile de poser ce livre, tant la curiosité de connaître la suite nous emporte. Un roman à trois voix , Samuel adolescent rebelle,attiré par l’argent facile, Pernilla, sa maman élevée dans la religion ou la femme n’est que soumission à l’homme, mais qui ferait tout pour sauver son fils même s’élever contre sa congrégation, Manfred, policier qu’un drame secoue, sa petite fille est tombée du 3ème étage par manque d’attention de sa part .3 personnages tristement attachants, torturés que la vie a malmenée. Camilla Grebe a la facilité de nous plonger dans la psychologie de chacun, on a de l’empathie pour eux, l’espoir que tout s’arrange…

Des jeunes hommes retrouvés assassinés lestés au fond des côtes de Stockolm, un caïd de la drogue, Rachel une jolie femme mystérieuse difficile à cerner et son fils Jonas plongé dans le coma vont croisé le chemin de Samuel, Pernilla et Manfred.

L’auteure dès le début met en place ses personnages, leur psychologie est fouillée et pour certains plutôt sombre et flippante, on découvre leurs fêlures, la fragilité de l’adolescence, la difficulté d’être parents, elle distille les indices, au fil des pages, la tension est palpable, oppressante, de rebondissements en révélations la lecture est prenante, l’intrigue bien emmenée, les références bibliques à chaque partie accentuent ce sentiment, pour finalement arriver au jugement dernier. une fin manichéenne. La folie suspend bien souvent les hommes entre la vie et la mort.

« les eaux m’ont couvert jusqu’à m’ôter la vie. L »abîme m’a enveloppé, les roseaux ont entouré ma tête.

Je suis descendu jusqu’au racines des montagnes, les barres de la terre m’enfermaient pour toujours »

Jonas :6-7

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Ames soeurs

John Marrs

Livre de Poche 2019

Hugo thriller 2018

Auteur : anglais, journaliste, premier roman traduit en français

Histoire : un simple test ADN suffit désormais pour trouver celui où celle qui partage avec vous « le » gène, celui qui indique que vous êtes faits l’un pour l’autre. Dans le monde entier, des millions d’individus s’y soumettent. Parmi eux, Jade, Mandy, Nick, Christopher et Ellie. Chacun croit avoir enfin trouvé son binôme ADN, le grand amour qui l’accompagnera pour le reste de ses jours. Sans se douter qu’un piège vient de se refermer sur eux et que pour certains, la fin arrivera beaucoup plus vite que prévu.


Peut-etre qu’en fin de compte c’était ça l’amour, être présent pour quelqu’un quand le soleil se levait et quand il se couchait


Ressenti : Une claque, un thriller psychologique original, mélant l’amour, la science , l’informatique. Une combo macchiavélique!


Cinq histoires ou chacun a donné son adn à une nouvelle application informatique « Mariez vos ADN » pour trouver son « âme sœur »

Ellie, Christopher, Nick, Mandy et Jade. Des personnages éclectiques atypiques, différents. Dangereux non?

S’en remettre à la science pour trouver son « ame soeur » c’est déroutant, voire flippant. Mais peut on s’y fier??

Des rendez vous sans hasard , sans surprise ou tout est formaté, une méthode controversée qui brise des couples , des êtres sans « âmes sœurs » qui passent au suicide, sans compter le faible pourcentage de raté. Des vies chamboulées, à jamais marquées, de désillusions en tragédie, le désir est un fluide dangereux voire vénéneux!

Des chapitres courts incisifs,une écriture fluide, bien rythmée,un suspens insoutenable. Un roman qui sort des sentiers battus et qui vous retourne le cerveau.Un roman choral qui rend la lecture addictive, un twist final à chaque chapitre qui nous pousse à enchainer, un livre prenant horrifique, malsain mais aussi brillamment pensé.

Un livre qui questionne sur l’importance des objets connectés et leur emprise sur notre vie.

Un livre tout simplement anxiogène , plein de surprises , un livre à ne pas rater!!!


Même les âmes sœurs ont leurs côtés obscurs. Et leurs Secrets peut s’avérer mortels.Merci à William du @livredepoche

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Niko TACKIAN Hall Du Livre Nancy Apéro littéraire

Samedi 23 Février 2019

Arrivée à la librairie, Niko Tackian étant dans le hall, on se dit bonjour on échange 2/3 mots, il faut dire que l’auteur est plutôt quelqu’un de simple, gentil et ce n’est pas péjoratif c’est vraiment ce qui se dégage du romancier pour l’avoir rencontré plusieurs fois.

Début de l’entretien avec Vivien, je voulais des photos, des stories, mettre sur mon instagram le moment… mais non tellement happée par l’entretien j’écoute je note et profite de l’instant présent.

J’aime à dire que c’est un auteur passionnant, passionné et c’est vrai, il est agréable de l’entendre parler de son travail, enfin de ses différentes casquettes, de son coté baroudeur avec ses 20 ans de métier un touche à tout entre scénarios, BD, et romans.

Avant d’écrire un livre, l’auteur a une routine de travail bien à lui :

. Le chapitrage pour savoir ou il va, se donner un cap. Sans plan rien de concret.

. Tous les jours

. 2 h de 5 à 7 en général

. 1 chapitre

Ses romans sont courts parce qu’il va à l’essentiel, il ne sait pas mettre « du gras » c’est le coté scénariste qui ressort.

Il s’intéresse plus à la psychologie des personnages qu’à l’enquête, même si, celle ci est le fil conducteur. Tous ses personnages sont importants afin d’être cohérent, donner de la puissance, une densité plus forte, une sincérité, un réalisme qui parlent à tous.

Pour Avalanche Hotel,  l’histoire a germé à Montreux lors d’une tempête. Les roman qu’il forge, partent toujours d’un fait, d’un détail de la vie, de sa vie.

L’enfance, le père, le rapport père/enfants, des thèmes que Niko aborde et qui lui sont chers. Difficile d’être parents, de faire les bons choix, donner les bonnes clés. Ses livres reflètent ses angoisses, ses indignations, ses désirs, ses interrogations, qui peuvent être différents d’un livre à l’autre, car ce sont des sentiments sur le moment présent.

Le Cerveau le passionne il aime le travail sur la mémoire collective, un travail dû à ses origines arméniennes, mais aussi la mémoire autobiographique « qui je suis?  » on se raconte sa propre histoire on se compose sa propre identité, ses propres souvenirs,une perception différente propre à chacun, mais encore la mémoire traumatique… Un vaste sujet que l’on retrouvera…

Quand à son personnage récurrent Tomar Kahn , le travail est plus long que sur un one shot car il faut écrire en pensant au long terme, faire évoluer les personnages, leur psychologie, et puis mettre de coté , n’écrire que sur une « sériologie » peut être étouffant, devenir une relation difficile comme un vieux couple. Passer à autre chose est une survie pour l’auteur et son personnage.

Pour voir Tomar sur les écrans il va falloir que les astres soient bien alignés parce que trouver le bon producteur, lebon scénariste, il est souvent difficile dêtre au bon moment au bon endroit avec le bon sujet.

Enfin pour Niko Tackian, Ecrire est un exutoire, une forme de psychanalyse, un partage de « bisous », la rencontre avec les libraires, lecteurs, un enrichissement perpétuel.

Et pour @elodieuniverse qui voulait savoir l’auteur de référence et il va faire l’unanimité : Stephen King

Et pour finir si vous ne connaissez pas l’auteur je vous invite découvrir sson univers, laissez vous embarquer par ses histoires et lors de salons n’hésitez pas il est adorable, enthousiaste, intéressant.

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Son dernier Souffle

Robert Dugoni

Michel Lafon

FEVRIER 2019

512 Pages

Auteur : écrivain américain, auteur de roman policier.  Auteur de deux séries, l’une consacrée à David Sloane (2006-2012), un avocat, et l’autre à Tracy Crosswhite (2014-2017), un détective criminel.

Résumé : Dans le nord de Seattle, un tueur en série sème la terreur en assassinant des jeunes femmes dans des hôtels miteux. Tandis que le nombre de victimes augmente, la police reçoit un message inquiétant : le meurtrier pourrait s’en prendre à Tracy Crosswhite, détective à la criminelle, qui se retrouve soudain chargée de l’enquête. Les pistes sont minces, et nombreux sont ceux qui feront tout pour ne pas remuer le passé. Tracy comprend bientôt qu’elle devra mettre en danger plus que sa carrière pour éviter de devenir la prochaine victime.

Ressenti : Tracy contre vents et marées poursuit son enquête soutenue par ses collègues et traque sans relâche le meurtrier des danseuses topless retrouvées dans des hôtels miteux au nord de Seattle, des danseuses étranglées, des meurtres mis en scène.

Un véritable page-turner, aucun temps mort, une course poursuite afin de trouver un sérial-killer surnommé par la presse le cow-boy. Les chapitres s’enchaînent, la lecture est addictive, l’auteur nous manipule et nous prend dans sa toile pour mieux nous tromper, nous sommes happés par les différents fils de l’intrigue qui s’offrent à nous. Il nous emmène ou il le décide , de fausses pistes en indices troublants, le suspens est à son comble et je n’ai découvert l’identité du tueur qu’à la fin.

Les personnages comme Tracy et Kins son coéquipier sont attachants,. L’auteur rappelle le travail sans relâche des inspecteurs de la criminelle mariés à leur boulot, une vie de famille qui s’en ressent, un quotidien difficile. Suite de « le dernier repos de Sarah » cela n’a pas entravé ma lecture, l’auteur distille avec parcimonie la psychologie fragile, torturée, pugnace de Tracy, qui a perdu sa sœur victime d’un tueur en série, elle a un sentiment de culpabilité de ne pouvoir trouver assez vite le meurtrier. Mise à mal par son supérieur hiérarchique misogyne affirmé, un manipulateur, un calculateur qui ne pense qu’à son avancement, traquée par une presse à scandale, Tracy met en danger sa carrière et sa vie pour mettre un terme au chemin meurtrier du Cow-Boy, aidée par une équipe soudée.

Un thriller qui ne ménage pas son personnage principal , un thriller efficace un bon moment de lecture.

Merci à Camille pour cette réception.

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Le gamin des ordures

Julie Ewa

Albin Michel

399 pages

Auteure: Julie Ewa, née le 16 juin 1991 en Alsace, est diplômée en philosophie à la faculté de Strasbourg. « Les petites filles » (2016) est son premier roman publié et reçoit le Prix des Lycéens Sang d’encre au Festival du Polar de Vienne.

résumé : Recroquevillés au fond d’une impasse où sont entreposées des bennes à ordures, deux enfants et un adulte tentent de s’abriter de la pluie. Lorsqu’elle les aperçoit, la jeune Lina leur apporte aussitôt de l’aide en leur procurant une tente . Les Stanescu viennent de Roumanie. Le père a attérri ici, dans le Nord de la France , avec ses enfants, Darius neuf ans, Cybèle, seize ans, espérant récupérer un peu d’argent pour rembourser sa dette au passeur. Un destin tristement banal pour une famille Rom, à la merci des trafiquants en tout genre , qui bascule lorsque Darius et son père sont portés disparus. Alertée par Cybèle, Lina part à leur recherche avec l’aide de Thomas un ami remontant la piste périlleuse d’un réseau criminel aux ramifications puissante.

Un suspens implacable et remarquablement documenté qui retrace le dangereux périple d’une famille rom à travers l’Europe. Après les petites filles, Julie Ewa confirme sa singularité et se place parmi les jeunes voix du thriller français.

« Pourquoi on est différent mami?

Tous les gens sont différents

Mais pourquoi on n’est pas tous blancs?

Quand le Grand Dieu a voulu créer les hommes, il les a fabriqués avec de la farine et de l’eau et les mis au four. A la première fournée, la pâte était trop cuite et il créa les hommes noirs. A la deuxième fournée la pâte était encore crue alors les hommes étaient blancs. La troisième fournée était la bonne : la pâte était cuite à point et donna les Roms joliment hâlés. »

ressenti : Julie Ewa avec le gamin des ordures nous entraîne dans un roman noir et contemporain, Une famille Rom Djino le père et les deux enfants Cybèle et Darius fuyant la misère et la persécution de leur pays, voient la France comme une terre d’Accueil, une Terre des Droits de l’Homme, une terre ou la différence n’est pas un obstacle.

Mais une vie difficile s’offre à eux ou qu’ils aillent l’espoir se meut en désespoir , pour survivre il ne reste qu’à faire les poubelles, mendier mais essayer de garder sa dignité.

Le rêve devient cauchemar quand ils doivent constamment changer de place pour éviter les policiers, eux les sans papiers, refoulés de leur pays , des « platz  » de Paris, camps mis à leur disposition mais surpeuplés. Ils rencontrent Lina , jeune femme emplie d’humanité, idéaliste révoltée qui ne peut accepter leur sort. Quand Darius et son père disparaissent c’est accompagné de Thomas que la jeune femme mène son enquête, une enquête qui les emmènent en Hongrie.

Un peuple livré à lui même, des enfants sous le joug de mafieux , de France en Hongrie la violence est reine pour asseoir son pouvoir, peu importe la façon , l’argent est un moteur vivace , même s’il faut vivre de réseaux de prostitution ou mettre en place « des enfants voleurs ».

Pour ceux qui veulent s’ériger ou résister la mort est souvent au rendez vous.

Une population dont on se méfie, parce que les préjugés ont la vie dure.

Un livre émotionnel et sensible , un livre qui fait réfléchir et qui questionne, un roman noir ou le suspens est oppressant , la tension palpable, l’urgence incommensurable. Des personnages attachants, vifs, prompt à sauver l’humanité et d’un profond réalisme. Une histoire qui prend aux tripes qui fracasse le cœur mais surtout pas une histoire moralisatrice, des images fortes et immersives. Une lecture bouleversante Bref j’ai adoré.

Merci aux éditions Albin Michel

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La fin de la solitude Bénédict Wells livre de poche slatkine et compagnie

Auteur : Benedict Wells est né en 1984 à Munich , la fin de la solitude est son premier roman traduit en français

Résumé :


« Une enfance difficile est comme un ennemi invisible; vous ne savez jamais quand il va se retourner contre vous. »


Jules n’a rien en commun avec ses frères et sœurs, Marty et Liz. Rien à part le tragique accident de voiture qui leur ôte leurs parents, alors que l’aîné de la fratrie n’a pas même douze ans. Après le drame, les orphelins deviennent des étrangers les uns pour les autres.
Jules, autrefois si sûr de lui, devient le plus solitaire des trois. Il évolue dans un monde imaginaire avec pour seule amie Alva, la mystérieuse Alva.
Les années passent. Mais le passé sera toujours là pour les rattraper.

Ressenti : Un roman qui démarre vingt ans plus tard avec l’accident de Jules pour nous entraîner dans ses souvenirs et remonter le passé.

« La vie n’est pas un jeu sans gagnant ni perdant. Elle ne nous doit rien et les choses arrivent comme ça. Parfois c’est juste et tout à un sens , et parfois tellement injuste qu’on doute de tout »

Touchée par ce livre, les thèmes abordés, les sentiments que l’on retient, ceux que l’on vit. La solitude qui nous accompagne, les peurs qui nous empêchent d’avancer, les actes manqués, un amour perdu, le deuil. Ce livre c’est l’histoire d’une famille brisée, 3 jeunes orphelins, Jules, Liz, Marty, qui vont tenter de panser leur douleur mais tellement emmurés par leur propre tristesse qu’ils oublient de s’épauler. Ils se ferment, se perdent et cherchent à combler le vide abyssal laisser par la perte d’un proche, une histoire d’amour avortée. Prendre la vie par les deux bouts quitte à se brûler les ailes mais ne pas s’attacher pour ne pas souffrir, vivre par procuration, resté coincé dans le passé…

« Le souvenir, l’ultime refuge des morts« 

L’histoire aussi de Jules et Alva, jeune fille meurtrie, une histoire d’amitié commencée au pensionnat, une histoire compliquée, forte et belle à la fois,

Des personnages travaillés, tourmentés en quête de vérité, une histoire de résilience , émouvante et sobre. Une histoire réaliste d’une vie que l’on ne maîtrise pas, une vie qui donne et reprend. C’est merveilleusement bien écrit d’une plume fluide et touchante, toute en émotion, une vie qui fracasse , un drame qui agenouille, mais toujours se relever car l’avenir nous appartient et « la solitude en nous c’est ensemble que nous la surmontons. »

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