La petite ritournelle de l’horreur

Cécile Cabanac

Fleuve

Janvier 2022

Un couple, les Achenza ont acheté à bon prix une vieille batisse, lugubre.
Madame Achenza est castratrice, son mari plutôt soumi mais pour échapper à son dragon, il décide de travailler dans leur nouvelle acquisition, d’abattre les murs…et tomber sur l’horreur de trois corps d’enfants emmurés.

La maison appartenaient aux Duflot, un couple de famille d’accueil il y a quelques années. Les deux époux sont morts.

« On fait comme d’habitude, on se parle et on prend soin l’un de l’autre. »

Mais les policiers tirent sur l’echeveau et le fil renvoie à ded images horrifiques, les abus sexuels, les corps vendus.
Des enfants aux parents demissionnaires, drogués, des enfants non épargnés, les policiers sont au bord de la nausée.

Des enfants cabossés dès le plus jeune age, qui ont grandi sans amour, devenus camés, associals, disparus, psychologiquement traumatisés, ou qui ont enfoui les atrocités au fin fond de leur mémoire. Des vies gâchées à jamais

Pourtant les Duflot ne peuvent être les tueurs.
Alors qui ?

« Autant d’échanges pudiques et silencieux qui disaient tout de leur quotidien, de la banalité du mal, de la désespérante routine de l’horreur. »

La vie écrite sans concession, le manquement des institutions, qui par manque de personnels, ferment les yeux, et n’écoutent pas la parole de l’enfant, aucune aide, aucune résonance face à leurs cris.
15 gamins placés chez ce couple de tortionnaires.

La commandant Sevran, son binôme Biolet et l’équipe sont sur l’affaire.
Une enquête émotionnelle, difficile pour Sevran qui n’arrive pas à prendre le recul nécessaire face aux souffrances, violences,
traumatismes que les enfants ont vécu. Forte et fragile, elle veut s’extraire des ténèbres, une vague de désolation la submerge. Elle est au bord du gouffre creusé par les Duflot. Elle doit songer aux victimes. Être focus sur l’enquête.

La peur nous vrille les tripes, l’image des corps nous hante. On se sent impuissants, au désespoir, abattus.

Cécile Cabanac a une écriture incisive, l’enquête est rythmée, accentuée par les chapitres courts, un roman au bord du dégoût, des dégâts fracassants
On sombre dans cette affaire sordide. Une tension désagréable nous raidit la nuque, la nervosité monte d’un cran, le malaise s’installe. On se sent vidés, l’horreur nous puise l’énergie.
L’atmosphère est sombre, oppressante. On ne sort pas indemne de ce thriller.

GLAUQUE-BOULEVERSANT-GLAÇANT.

Des monstres qui ont façonné une âme tourmentée, une ritournelle entêtante qui t’obsède et t’engloutit dans les abysses du mal du cerveau humain.

« Tous ces journalistes piaffaient d’impatience et voulaient connaître les détails les plus lugubres. C’était à croire que le monde avait sombré dans la folie… »

Merci aux éditions FLEUVE pour cette pépite.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Aude Bouquine dit :

    Je trouve que ce troisième roman est vraiment bon !!

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  2. Je suis très intriguée par ce roman, dont je lis beaucoup de retours en ce moment.

    J’aime

    1. Il faut le lire mais lire les deux précédents également avant pour la psychologie des protagonistes recurrents même s’il est possible de le lire sans avoir lu les autres

      Aimé par 2 personnes

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