Celle qui fuit celle qui reste

l’amie prodigieuse

Elena Ferrante

Gallimard

Plus je lis cette saga, plus je la trouve magnifiquement féministe.
Une fresque polotico-sociale sur l’Italie des années 50 aux années 70.

 » Une société qui trouve naturel d’étouffer autant d’énergies intellectuelles féminines avec les tâches domestiques et l’éducation des enfants, est sa propre ennemie, et ne s’en aperçoit même pas. »

Une amitié fusionnelle, toxique entre haine et tendresse, violence et amour.
Une amitié volcanique qui souvent ne tient qu’à un fil.

Ça pulse, valdingue, crie, tire.
Des explosions de jalousie, de rage montrent une rivalité terrible.
Une amitié complexe.
Une amitié loin de tout repos comme l’Italie en pleine crise politique, des mouvements protestataires, une révolution prolétarienne.

Une période agitée, violente, une guerre entre la Camorra alliée aux fascistes contre les communistes.
Les balles se perdent, les amis d’enfance s’opposent, des Hommes tombent.
Une période sanglante, sombre, « les années de plomb », un terrorisme entre Histoire et Mémoire.
Un enchaînement impitoyable, hostile.
Une lutte armée


Une période qui voit les filles s’éloigner, Lina lutte , gravite les marches du succès alors que Lenu si sage, si effacée, ne retient plus ses sentiments, elle se lâche, s’affirme, fragilise son couple, elle prend pouvoir de son corps, de sa sexualité, elle est tourmentée par ses émotions.

Elena Ferrante décrit avec justesse et parfois avec des mots crus les sentiments, l’Italie.
Des mots sans concession.
Une écriture fluide forte, puissante, violente mais aussi sensible.
Elle pointe le sexisme, les abus sexuels faites aux femmes ayant un patron un peu trop tactile.
Les femmes se joignent aux mouvements pour dénoncer, se prendre en charge, se réaproprier leur corps, leur intellect, dominer les incohérences de l’existence.


J’ai aimé, adoré cette musicalité orageuse et combattante, la puissance des mots et des actes.

Hâte de se retrouver le 1er décembre pour le dernier tome, je suis déjà triste de bientôt quitter ces deux femmes.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Elena Ferrante je ne l’ai encore jamais lue mais les avis, dont ton joli retour, sont tellement enthousiastes, qu’il me faudra essayer un jour. ¨Passe un très bon weekend 😊🌞

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  2. Franchement j’ai failli abandonner avant la fin du 1er tome, j’ai continué car sur Instagram j’ai lancé #challengeauteursitaliens depuis septembre.
    On lit donc cette saga en lecture commune, certain(e)s ont abandonné mais maintenant je comprends le premier tome c’est la mise en place des différents personnages, une lecture faite à travers les yeux d’une enfant. Et j’ai continué le 2eme toujours en #lc et je ne regrette absolument pas. C’est rythmé, violent dans les mots et les actes, une émancipation des femmes, un mouvement prolétaires, la politique qui s’effondre les fascistes et les communistes. Hâte de lire le 4eme tome en même temps pas envie de quitter cette ambiance, les personnages.

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