La saignée

Sire Cedric

Édition Fayard

« Est-ce que tu aimes?
Est-ce que tu aimes?
Est-ce que tu aimes?

« Le compte à rebours défile, blanc hypnotisant dans un rectangle noir…
L’écran noir s’estompe pour céder place au rouge obsédant des murs…
La fille sur la chaise se met à secouer la tête et à hurler de toutes ses forces alors que l’exécuteur approche la lame de sa poitrine dénudée… »

Un prologue qui donne le ton. Le dark Web et ses deviances, l’horreur dans toute sa noirceur, sanglant et glauque.

Estel ancienne flic exclue de la police après une bavure.
Borderline, toujours sur le fil, à fleur de peau, l’ombre d’elle-même,elle travaille comme garde du corps.

 » elle était sur le point de craquer, de se fissurer de l’inter sous sa façade de pierre impénétrable »

De l’empathie pour cette « dure à cuire », fracassée à l’intérieur.

Quentin Falconnier, flic en cybercriminalité, personnage antipathique, détestable, prêt à tout pour clôturer une affaire, tombe sur une vidéo « la red room », Violente, abjecte, une jeune femme torturée avant la mort.
Il va en faire une histoire personnelle.

L’auteur t’a ferré, il tisse sa toile, t’es embarqué et tu ne vas rien lâcher, piqué au vif, en immersion dans les profondeurs du Web. Le coeur prêt à rompre, le sang battant les tempes.

« On cache tous quelque chose.
De plus ou moins sombre.
De plus ou moins condamnable »

Dans les méandres de la toile, la cruauté et la perversité fait rage.

Les pages s’enchaînent, le rythme est soutenu, en apnée la bile montant devant la violence extrême qui se déroule sous nos yeux.

Les plus pervers, cachés derrière un écran, donne la mort en toute impunité. Un sentiment de puissance derrière l’anonymat, satisfaire leurs fantasmes les plus vils, sadiques et inhumains.

Un voyeurisme sanguinaire.

L’âme à vif, le coeur au vitriol, on assiste à un étal de chair, de sexe, de sang…

Une ambiance malsaine, oppressante, à l’écriture incisive et acérée qui vont à l’essentiel.

Estel s’enfonce, court à sa perte, tiraillée par sa détresse, ses blessures, elle lutte rend les coups.
La violence est son échappatoire pour vider sa colère, sa peine. Une face cachée, une zone d’ombre l’accompagne.

Un roman choral, des chapitres courts, une tension qui monte crescendo,lu d’une traite, le souffle court jusqu’au paroxysme.
Un roman percutant, cru qui fait ressortir les plus bas instincts d’une noirceur abyssale.
Et cette fin…

REDOUTABLE
TRASH
VIOLENT
BRUTAL

Tu l’as compris âme sensible s’abstenir sinon fonce !!!

Merci aux Éditions FAYARD pour ce livre puissant

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Aude Bouquine dit :

    Oui, ce roman déménage !!! impossible de le lâcher malgré son épaisseur. Très bon ressenti de lecture ❤️

    Aimé par 1 personne

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