Préférer l’hiver

Aurélie Jeannin

Harper collins

Netgalley

Résumé :À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

Ressenti : Au cœur de la forêt, éloignées de tous, deux femmes une mère, une fille, chacune partageant la même douleur. La perte d’un fils. ⠀


Une douleur « viscérale, primitive, bestiale »


S’exiler du monde des hommes pour celui silencieux de la nature pour exorciser les peines, crier la douleur. Une nature pour panser les plaies, les colères, les âmes tourmentées, vider l’esprit de toutes formes de penser. Être en osmose avec la terre, se taire, humer l’odeur, écouter les bruits, les sens éveillés, ne faire qu’un.⠀
Une nature rude sans concession, la solitude de l’hiver, le givre froid aseptisé, la blancheur de la neige et sa pureté.⠀
Un fil, un lien invisible mais tendre d’une mère à la fille, d’une fille à la mère, leur fragilité, leur souffrance et leur force, pas de mots leurs gestes, leurs regards pour se comprendre.⠀
L’immensité, le froid, le silence si dense pour apaiser le corps et l’esprit.⠀

Un roman d’introspection écrit avec un style poétique, lyrique. On « entend » le cri de la douleur à travers les mots qui percutent. Les sentiments exacerbés, le vide de l’absence, le deuil, la féminité.⠀
Un hurlement de Résilience dans l’écriture qui nous crève le cœur et ouvre des douleurs. Une atmosphère paisible, et mélancolique, une vie en suspend. Le poids des mots, la fluidité, qui transportent…

« Il faut être dans le présent, de façon absolue, profonde,totale , pour, à défaut de continuer de vivre, au moins ne pas mourir » ⠀

Lisez ce livre il est d’une beauté… Rare.

« C’est à ce prix que nous tentons de surmonter nos deuils l’une et l’autre. On ne se relève qu’au présent à chaque pas , à chaque geste, on ne tient pas vraiment debout , on se relève , on retombe et on se relève. Et on le fait à chaque seconde. En restant dans le passé, on retombe en arrière et rien ne nous retient. Si on se projette, on tombe en avant, dans ce trou incertain que représente l’avenir. Il faut être dans le présent, de façon absolue , profonde, totale, pour, à défaut de continuer de vivre, au moins ne pas mourir »

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Ton retour sur ce formidable premier roman d’Aurélie Jeannin est très beau. J’ai eu le même ressenti. C’est un livre qui sera j’en suis sûr dans mon top 5 à la fin de l’année ! Très bon weekend à toi 😊

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour cette si touchante critique, quelle émotion à la lecture de cette pépite !

    Aimé par 1 personne

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