Blessures invisibles

Isabelle Villain

Taurnada

9 JANVIER 2020

Auteure : née à Casablanca en 1966. En 2000, elle se lance dans l’écriture de romans policiers.

« Âmes battues » (2016), le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans « Peine capitale » à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon.

« Mauvais genre » est le troisième volet des enquêtes du groupe de Lost. Il est publié aux éditions Taurnada en novembre 2018.

Résumé : Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l’enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.Deux enquêtes sous haute tension. Un final explosif !

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Ressenti :

« Des machines formées à dormir n’importe où, n’importe comment, dans des trous, les bras croisés sur la poitrine, les yeux grands ouverts, priant pour qu’un ennemi ne vienne pas nous égorger en pleine nuit.« 

Quel plaisir de retrouver une enquête de Rebecca de Lost. Après avoir perdu un des leurs dans le précédent opus, l’équipe est fragilisée, dévastée mais doit se reconstruire.
Et pas le choix, la triste réalité empêche les états d’âme, l’équipe doit faire face à deux enquêtes.
Le suicide d’un militaire, thèse vite écartée par Rebecca, qui se trouve avec un homicide et interroger « la Grande Muette » n’est pas chose simple.

« Ici on ne balance pas, on règle nos problèmes entre nous. Sans faire de vague »

Et l’enquête du « tueur au marteau », un psychopathe qui reprend du service et semble connaître Rebecca.

En immersion totale dès la première page, en 2013 en Afghanistan avec le major Mareval. Puis en 2016 ou Rebecca mène de front deux enquêtes sensibles. Elle resserre l’étau, tenace, coriace, les enquêtes sont menées tambour battant, sans répit, on passe de l’une à l’autre, on entre un temps dans la tête du tueur, c’est glaçant.

« je suis un psychopathe mais pas un psychotique…. A quoi ressemble un psychopathe ? À Monsieur tout le monde. Un visage souriant.Aimable. Sympathique. Je sais aujourd’hui que je ne suis pas malade. J’ai simplement un trouble complexe de la personnalité. C’est tout. »

Glaçant.

L’auteur ne ménage pas ses personnages. Tout comme elle se joue de nous, nous attrape dans sa toile, met nos nerfs à vifs et nous renvoie dans les cordes. On se prend des claques, on s’engouffre vers de fausses pistes. Le rythme est intense et captivant. Une histoire maîtrisée, fouillée, une lecture intelligente.
Une écriture fluide, dynamique.
Des personnages profonds.
Une fin saisissante.
Un page Turner passionnant.
Sensible au thème du SPT (syndrome Post Traumatique) , chez les militaires, revenant d’opex (opération extérieure) , une dimension psychologique donné au livre.

« Ici, tout est différent, je dois affronter un monde sans rêgle ou rien n’est planifié. J’ai tout le temps. J’ai trop de temps… Je dois réagir… J’ai enfin posé un mot sur ce mal qui me ronge. Je suis blessé mais cette blessure invisible est difficilement compréhensible pour vous civils.

Blessé, mais tu n’es pas blessé. Un blessé c’est un soldat qui a perdu une jambe un bras. Ils se trompent. En fait si, j’ai perdu mon âme. »

À lire, un véritable coup de cœur pour l’écriture de l’auteure et pour cette intrigue bien ficelée, un thème méconnu et pourtant dévastateur, promis je confirme, l’auteure est allée au cœur du sujet, le SPT est à prendre au sérieux. il est parfois difficile de sortir indemne d’une mission, de l’hyper-vigilance, de s’intégrer à la vie « civil ».

Vivre avec un militaire, c’est particulier. Les mois de solitude s’enchainent. L’ennui, le stress, l’angoisse. Lorsque l’OM (ordre de mutation) arrive en mars pour une affectation en avril, c’est une tranche de vie qui s’envole. Tout est à reconstruire. Encore et encore. »

Merci Joel des éditions Taurnada pour cette réception

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Sujet passionnant et terrible que celui du syndrome Post Traumatique pour les soldats revenant de ces zones de guerre. Merci pour ce retour car je n’ai encore jamais lu Isabelle Villain. Passe un excellent weekend 🙂

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  2. Je vais lire ce polar captivant, merci pour ce bon conseil de lecture.
    Bon dimanche 😗

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    1. Merci mais je pense qu’il faudrait lire mauvais genre

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      1. je vais suivre ton conseil, merci ..

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  3. C’était un tome très abouti avec beaucoup d’approfondissement des personnages et une belle part à ce syndrôme trop méconnu ! J’ai adoré !

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  4. Oui j’avais lu mauvais genre et celui ci est plus abouti, je connais le spt et c’est totalement cela, c’est réaliste. J’ai adoré sa plume, les deux intrigues les personnages, un joli coup de cœur pour moi

    Aimé par 1 personne

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